Tu l’as sûrement déjà entendu mille fois : “Tout est une question de confiance en soi” “Travaille ta confiance, et tout ira mieux”. Ça sonne bien, non ? Comme un slogan de coach Instagram avec des photos de montagne au lever du soleil.
Mais soyons honnêtes : c’est une illusion.
Parce que ce n’est pas en te répétant des affirmations ou en collectionnant les “trucs pour avoir confiance” que tu vas réellement tenir ta posture face à un·e bénéficiaire 😅
Alors je te propose aujourd’hui qu’on se pose la question ensemble : est-ce que cette histoire de confiance, ça serait pas un peu l’arbre qui cache la foret ? 👀
Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌
1️⃣ La confiance n’est pas un muscle à développer
Beaucoup de praticien·nes pensent que leur manque de solidité en séance vient d’un “manque de confiance”
Alors iels cherchent LA bonne méthode, LA bonne question, le truc magique qui fera que tout ira mieux.
👉 Problème : la confiance n’est pas une compétence isolée. Elle est une conséquence d’un socle clair.
Psychologie sociale : Bandura (1997) parle de la self-efficacy = la perception qu’on a de sa capacité à agir efficacement dans un contexte donné. Si tu ne sais pas où tu mets les pieds, aucun mantra matinal ne va te sauver.
Si tu entres en séance sans savoir :
- d’où tu parles
- ce que tu proposes
- et pourquoi tu le fais
→ ta confiance vacille. Tu doutes, tu cherches à plaire, tu jongles avec des outils au hasard… Bref, bienvenue dans le syndrome du “coach tout-terrain” 😅
2️⃣ Ce qui donne (vraiment) confiance
La vraie confiance naît de la clarté de ta posture.
Quand tu sais exactement :
- D’où tu parles
- Ce que tu proposes
- Et pourquoi tu le proposes
…alors tu n’as plus besoin de “booster” artificiellement ta confiance. Elle est déjà là, parce que ton socle est solide et réfléchi.
Exemples concrets :
- Tu sais pourquoi tu choisis telle technique ou référentiel plutôt qu’une autre (CNV vs PNL, existentialisme vs humanisme)
- Tu peux dire non à certaines demandes sans culpabiliser parce que ton cadre est clair
- Ou tu ne te sens plus obligé·e de briller ou d’épater le/la bénéficiaire pour “paraître légitime”
💡 Comme le résument les recherches sur la pratique réflexive (Schön, 1983), la confiance vient moins de la technique que de la capacité à réfléchir sur ce que tu fais, pourquoi, et comment tu le fais dans le contexte réel.
C’est comme une carte précise : tant que tu avances sans repères, tu stresses.
Mais si tu sais où tu vas → tu marches sereinement, même face à un silence gênant ou un bénéficiaire qui décharge toutes ses émotions d’un coup.
💡 En résumé : pas de socle épistémologique → pas de confiance stable.
PS : J’ai déjà parlé d’épistémologie et de l’importance dans l’accompagnement dans « Pourquoi tu veux te former à tout ? » et dans « Et si ton syndrome de l’imposteur n’en était pas un ? » et dans « ce qui s’énonce clairement se pense mieux » si tu veux creuser le sujet.

3️⃣ La confiance n’est pas “en toi” : elle est systémique !(ça faisait longtemps 😂)
On nous vend souvent la confiance comme une qualité personnelle, un truc que tu aurais ou pas, que tu peux développer mais qui est toujours uniquement individuelle. Mais si on adopte une lecture matérialiste dialectique, on comprend que ta confiance n’est jamais hors-sol (comme le reste d’ailleurs)
👉 Elle dépend de tes conditions de pratique :
- Le cadre théorique que tu assumes (ou pas)
- Les repères sociaux qui définissent ta légitimité (titres, diplômes, certifications)
- Les attentes du système dans lequel tu interviens (ex : psy, coach, praticien·ne “alternatif·ve”)
Sans ce cadre, tu es condamné·e à douter en permanence, non pas parce que “tu manques de confiance”, mais parce que le système t’impose de bricoler sans boussole.
💡 En clair : ta confiance n’est pas qu’un état psychologique à cultiver, c’est aussi un effet de système.
Elle naît quand ta posture, tes repères et ton contexte sont cohérents. Elle vacille quand tu navigues dans le flou, sans cadre clair, en essayant de “tenir” à la force du poignet (ou à coups de mantras).
4️⃣ La prochaine fois que tu te sens “pas assez confiant·e” en séance, pose-toi ces questions :
- Est-ce un vrai problème de confiance ou est-ce que tu manques simplement de repères internes clairs ?
- Quels sont mes repères ? (Ma vision de l’humain, ma posture, mes intentions, mon cadre)
- Est-ce que je suis ancré·e dans mon système ou en train de flotter dans celui du bénéficiaire ?
Si tu as du mal à répondre, c’est exactement là que l’immersion “Reprendre la main sur ta posture”va t’aider : trois jours pour clarifier ton socle, renforcer ta posture et retrouver une confiance incarnée ; pas plaquée, pas Instagram-style, mais solide et ancrée.
Photo de couverture de l’article : Photo de Vitaly Gariev sur Unsplash

