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Ce qui s’énonce clairement se pense mieux

7 minutes de lecture

Tu scrolles sur Insta, t’écoutes un épisode de podcast, tu lis une page de vente de formation. Et là, tu te dis :

« Mais… de quoi iels parlent exactement ? »

Tu vois ce que je veux dire ? Tu sais les discours séduisants où on te dit que pour faire grandir ta boite, il faut être authentique. Il faut être singulier pour attirer les bons clients, etc.

Ca fait envie hein ? Mais si on prend deux secondes pour s’arrêter … ça veut pas dire grand chose franchement.

Alors ok, c’est flou. Mais ici, on pense matérialiste alors la question qu’on va se poser c’est : pourquoi ? Quel intérêt à faire ça ?

Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌


1️⃣ Ce qui est compréhensible s’énonce clairement

Tu connais cette phrase : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »

Elle ne parle pas de vulgarisation. Elle parle de clarté conceptuelle.

Et soyons clair·es : le marché de l’accompagnement – et du coaching en particulier – regorge de discours fumeux.

Non pas parce que ces gens sont “méchants” ou “manipulateurs” mais parce qu’il est très rentable de ne jamais définir les mots qu’on utilise.

👉 Quand on te parle d’“alignement”, de “puissance personnelle”, d’“incarner ton essence” ou encore de “liberté” sans jamais situer ces concepts dans un cadre concret (social, politique, économique, psychique), ce n’est pas un oubli. C’est une stratégie.

Parce que là où il n’y a pas de cadre, il n’y a pas de contradiction possible.

Pas de point d’accroche. Pas de possibilité d’argumenter. Pas de critique.

Juste une ambiance. Un ressenti. Une esthétique du flou.

Et ça, c’est pas neutre.

te former à tout

2️⃣ La confusion est un outil de pouvoir

Un discours flou, c’est un discours qui peut dire tout et son contraire. Et surtout, qui évite de rendre des comptes.

👉 Quand quelqu’un te dit que “la liberté, c’est te reconnecter à ton essence intérieure”, tu peux pas débattre. Tu peux pas même poser de questions précises. Parce qu’il n’y a rien à quoi se raccrocher.

🧠 En psychologie systémique comme en matérialisme dialectique, on considère que rien n’est hors-sol.

Aucun mot, aucune valeur, aucune pratique n’existe indépendamment de ses conditions de production.

Donc : si quelqu’un parle de “liberté”, on est en droit de demander :

Liberté de quoi ? Par rapport à quoi ? Dans quel système ? Pour qui ?

Et quand la réponse, c’est “ce que tu ressens au fond de toi”… vigilance !

3️⃣ Si c’est flou, c’est souvent parce qu’il n’y a pas de cadre de pensée

Le problème, c’est pas juste qu’iels utilisent des mots creux. C’est qu’iels ne pensent pas ce qu’ils disent.

Iels répètent des formules apprises dans des formations elles-mêmes floues, qui s’appuient sur aucune base épistémologique solide.

Autrement dit :

  • Ils ne savent pas comment ils définissent un être humain
  • Ni ce que ça veut dire « accompagner quelqu’un »
  • Ni ce qu’ils visent quand ils parlent de transformation

Alors ils parlent « d’alignement », de « soi authentique », de « rayonner sa lumière »… Mais tu cherches la définition ? Y’en a pas

Tu grattes un peu ? Tout s’écroule.

NB : C’est l’avantage de parler dans un discours hégémonique, tu n’as pas besoin de définir quoi que ce soit.

accompagner avec une vision systémique

4️⃣ Penser clairement, c’est poser un cadre situé, ancré, assumé

Ce qui est clair s’énonce simplement. Et ce qui ne s’énonce pas, c’est souvent parce que ça ne tient pas debout.

Tu veux qu’on te parle de « liberté » ? Ok

  • Mais : liberté de quoi ? de qui ? dans quel contexte social ?

Tu veux parler de « valeurs » ? Ok.

  • Mais situées où ? Produites comment ? Portées par quelle vision du monde ?

💡 Ca demande un peu de rigueur, j’en conviens. Mais cette rigueur, elle ne tombe pas du ciel. Elle repose sur un cadre de pensée clair et cohérent, une vision assumée de l’accompagnement, de la personne, du changement.

C’est ça, l’épistémologie. Et sans elle, tu t’en remets à des slogans.

PS : J’ai déjà parlé d’épistémologie et de l’importance dans l’accompagnement dans « Pourquoi tu veux te former à tout ? » et dans « Et si ton syndrome de l’imposteur n’en était pas un ? » si tu veux creuser le sujet.

5️⃣ Mise en pratique avec un exo : Derrière ce mot, quel monde ?

(inspiré de la psychologie systémique + du matérialisme dialectique)

👉 Choisis un mot que tu utilises souvent dans ta pratique ou ta communication. Un mot “positif”, inspirant, souvent utilisé mais rarement défini clairement.

Par exemple : authenticité, alignement, pouvoir personnel, guérison, abondance, liberté, etc.

Puis, réponds à ces 4 questions :

  1. Qu’est-ce que je veux dire précisément quand j’utilise ce mot ? → Quelle est ma définition concrète, explicite, située ?
  2. À quelle vision de la personne, du changement et de la relation ce mot renvoie-t-il ? → Ici, on pense comme un·e systémicien·ne :
    1. Quelle est la représentation de “l’individu” derrière ce mot ?
    2. Quelle est l’idée de ce que c’est, changer ?
    3. Quelle place prend le·la praticien·ne dans la relation ?
    4. Qu’est-ce que ça invite à faire / éviter / taire ?
  3. Quelles sont les conditions sociales qui rendent ce mot possible ? → Est-ce que tout le monde peut se permettre d’être “aligné” ? Est-ce que “guérir” ou “être libre” veut dire la même chose selon les réalités sociales, matérielles, économiques ?
  4. Quels effets ce mot produit-il dans le système ? → Dans ta posture d’accompagnant·e, ce mot :
    1. Est-il soutenant ? exigeant ? culpabilisant ?
    2. A-t-il tendance à recentrer la responsabilité sur l’individu ou à ouvrir à une lecture plus large ?
    3. Que produit-il dans la relation d’accompagnement, dans les attentes du·de la bénéficiaire, dans ton marketing ?

💡 L’idée, c’est pas de juger ton mot. C’est de le penser. De le situer. De voir ce qu’il t’apporte et ce qu’il invisibilise peut-être.

✉️ Si tu veux aller plus loin : réponds-moi par mail avec ton mot et tes réponses aux 4 questions. Je te lirai avec plaisir 🙏


Pour aller plus loin que les mots creux

Tu viens de le voir avec cet exercice : Ce qui a l’air flou peut (et doit) être pensé, situé, interrogé. Ce flou n’est pas une fatalité, c’est un manque pour penser clairement ce qu’on fait, ce qu’on transmet, et ce qu’on produit dans les relations.

Et ça, ça s’apprend.

🎓 C’est exactement ce qu’on fait dans la formation Apprendre à être Accompagnant·e :

👉 Ancrer ta posture dans une épistémologie claire

👉 Développer une lecture critique de ta pratique

👉 Consolider ton cadre pour gagner en solidité, en cohérence, en puissance

Prochaine session en octobre. Les places sont limitées.

Si tu veux en discuter, tu peux réserver ton appel ici :

🔗 https://biendanstaboite.fr/programme-posture-d-accompagnant/

Et en attendant, si tu veux partager ton exercice ou poser des questions → ma boîte mail t’est ouverte 📨

Bon cheminement,

Laura

Photo de couverture : Photo de Sincerely Media sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.

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