Est-ce que tu as déjà vécu (ou vit) ce phénomène pour le moins détestable : tu bouges, tu bosses, tu ajustes, tu essayes mais … y’a rien qui change vraiment 😬
Genre, tu retravailles ton offre, tu bosses la strat, ta comm’, tu achètes un énième outil d’orga, tu bosses tes croyances, bla-bla-bla et … 🥁
Toujours dans le flou, toujours bloqué·e.
Bref, tu tournes en rond.
En clair : tu es tout le temps dans le mouvement, mais pas dans le changement.
Bienvenue dans ce que Hegel appelle le mauvais infini : le mouvement sans transformation, le changement sans dépassement, la répétition sous de nouvelles formes.
Alors aujourd’hui, on va décortiquer ça pour comprendre pourquoi c’est important de comprendre.
Que quand je vous casse les pieds avec la théorie et compagnie, ce n’est pas pour rien.
C’est parce que tu ne peux pas transformer ce que tu ne comprends pas.
Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌
1️⃣ Quand tu bouges beaucoup, mais que rien ne bouge vraiment
Souvent, on se dit que pour que ça change, il faut faire + : → plus d’efforts → plus d’outils → plus de discipline → plus de contenus → plus de formations
Mais le mouvement n’est pas la transformation.
Comme dirait mon cher Reynaldo Perrone en psycho systémique : c’est faire + de la même chose (chose qui nous a déjà fourré dans ce bourbier)
Mais ce n’est pas l’intensité qui change les choses, c’est la compréhension de la structure.
Tant que tu n’as pas compris pourquoi tu obtiens toujours les mêmes effets, tu vas mécaniquement reproduire les mêmes causes.

2️⃣ Le « mauvais infini » expliqué version indé-friendly
Hegel parlait de l’infini qui s’étire sans jamais se dépasser : toujours plus, mais identique à lui-même.
Exemples :
- Tu fais plus de posts, mais tu restes flou sur ton message
- Tu accompagnes plus de client·es mais tu doutes encore de ta posture
- Tu passes plus d’heures mais ton chiffre d’affaires ne bouge pas
- Tu as trois nouvelles organisations Notion… mais tu es toujours débordé·e
- Tu changes ton offre, mais le même type de clients reviennent
- Tu t’es formé 25961 fois mais tu te sens toujours illégitime
Tu changes la forme mais pas la logique.
Tu bouges dans le même cercle.
Ce sont des changements de niveau 1 en psycho systémique : des changements qui restent dans le même cadre de référence.
Conséquence ? Tu obtiens + ou – de la même chose.
3️⃣ Matérialisme dialectique 101 : si tu veux changer, regarde la structure
Si on regarde ça d’un point de vue matérialiste dialectique, on voit qu’un système ne se transforme pas en accumulant des micro-améliorations.
Il se transforme quand on comprend la contradiction qui l’organise.
Et tant que cette contradiction reste floue, tu vas répéter le même script :
- tu veux être plus visible, mais tu n’as jamais clarifié ce que tu veux dire
- tu veux plus de clients mais ton offre est construite sur une logique qui attire les mauvais
- tu veux être moins dispersé·e mais tu ne comprends pas le système qui génère ta dispersion
- tu veux être plus serein·e en accompagnement mais tu n’as jamais posé ton socle théorique et tes bases
Quand tu n’as pas compris les causes, tu te bats contre les effets. Et ça… ça ne marche jamais (ou jamais longtemps)

4️⃣ Psychologie systémique : un système répète ce qu’il ne comprend pas
En systémique, c’est simple : tant qu’un système n’a pas conscience de sa logique interne, il ne peut que se répéter.
Donc si tu vis toujours la même chose, c’est qu’il y a un problème structurel.
Perrone nous bien que les changements de niveau 1 sont des changements dans le même cadre de référence, dans le même référentiel qui consistent à :
- Faire + ou – de la même chose
- Ajouter une nouvelle conduite au répertoire existant de réponses
- Accroître la connaissance (sur soi ou sur l’objet)
On retrouve la même idée : il ne s’agit pas d’avoir juste plus de connaissances. Le mouvement n’est pas la transformation.
Comprendre, ce n’est pas juste avoir plus d’infos. C’est changer le niveau de complexité
(NB : Comme il le dit, les changements de niveau 2 impliquent un changement de cadre de référence qui n’est « pas le résultat d’une attaque au cadre mais le dépassement de ce dernier ». Perrone aurait-il lu Hegel ? 🙃)
5️⃣ La compréhension, ce n’est pas de la br*nlette intellectuelle : c’est transformateur
Comprendre, ce n’est pas avoir des idées. Ce n’est pas « réfléchir beaucoup ». Ce n’est pas lire des livres.
Comprendre, au sens dialectique, c’est : identifier la structure qui produit tes résultats et la transformer.
Ce qui transforme, ce n’est pas d’agir plus. C’est de saisir la logique d’un phénomène pour pouvoir le dépasser.
Dans ton activité :
- Quand tu comprends le modèle économique → tu réfléchis autrement tes offres et tes tarifs
- Quand tu comprends ta posture → tu arrêtes d’empiler des outils au hasard
- Quand tu comprends ton système interne → tu arrêtes de répéter des schémas
- Quand tu comprends ton mari/ta femme → tu crées le couple (qui est un dépassement des individus)
(Notez que comprendre en dialectique est utilisé dans les 2 sens du mot : comprendre rationnellement et comprendre « mathématiquement » (comme quelque chose de compris dans l’ensemble)
La compréhension n’est pas de la br*nlette intellectuelle. Elle est libératrice.
Elle te redonne la main. Elle transforme ta manière d’agir. Elle te fait passer du “mauvais infini” (répétition) au “vrai infini” (transformation).
Et si tu veux arrêter de tourner en rond, tu as bien compris … il faut comprendre 😂 Avec l’ITTI, on vous a préparé 3 jours de conférences 100% gratuites (genre vraiment, y’a rien à vendre à la fin) pour que tu comprennes ton travail indépendant.
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Tant que tu ne comprends pas, tu n’as pas le choix
Bon cheminement,
Laura
Photo de couverture de l’article : Photo de Alice Hampson sur Unsplash
