Dans le top 3 des trucs qu’on a le plus entendu ces dernières années, t’as pas pu échappé au fameux « syndrome de l’imposteur » et tous autres dérivés sur le sentiment d’illégitimité
Et comme d’hab, les seules pistes qu’on te donne sont individuelles et « mindset ».
Et comme d’hab, on passe à côté d’une énooooorme partie de l’explication 😭
Alors je te propose qu’on explore le pourquoi du comment avec un cas d’étude fictif mais qui synthétise tellement de pro de l’accompagnement que je vois passer en formation ces dernières années.
👉 Mélanie est coach en affirmation de soi depuis 4 ans. Elle accompagne principalement des femmes qui peinent à poser leurs limites, à prendre leur place, à s’autoriser à dire non.
☝️ Mélanie, elle débarque en appel découverte chez bibi pour la formation posture et elle me met dans le petit formulaire pré-appel qu’elle ne se sent pas légitime
(je te mets quelques captures d’écran mais des réponses de la sorte, j’en ai à un appel découverte sur 2 🥲)
Au téléphone, puis après en formation, elle nous parle de ce vécu :
🥲 Se sentir illégitime, se demander tout le temps si elle fait bien, si elle est à la hauteur des collègues, si elle devrait pas passer une autre certification, si elle a assez de diplômes, si elle est bienplacée pour dire/faire ça, si ses tarifs sont pas trop hauts, si on va pas lui tomber dessus pour une raison ou pour une autre, etc
Alors peut-être tu te dis : bah Mélanie, il faut qu’on lui fasse travailler ses croyances pour la faire changer de regard sur elle et qu’elle se sente plus légitime
AÏE, erreur 😬 Piège 😂
Si tu l’as faite, pas de panique, il te faut :
1/ Lire cette analyse de cas
2/ Rejoindre la formation posture (ou la réviser, je vous vois les ancien·nes 👀) pour ne plus tomber dans ce genre de piège
Allez zou !
Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 🥰
1️⃣ C’est pas faux mais c’est pas complet, épisode 74
Bon, on l’a vu sur la fin de l’intro, le réflexe face à Mélanie, c’est de travailler son mindset, ses croyances, etc.
Elle a d’ailleurs travaillé là-dessus de son côté mais … ça ne change rien.
Oui parce que cette lecture « psycho individuelle » elle est pas fausse … mais elle est pas complète 😬
👉 Comme d’hab, cette lecture individuelle et individualisante nous font passer à côté du question fondamentale :
Dans quel système professionnel Mélanie exerce-t-elle ?
Mélanie est coach.
C’est-à-dire qu’elle travaille dans un champ où :
- Il n’existe pas de reconnaissance institutionnelle (à l’inverse d’un psychologue par exemple qui a un diplome officiel, un titre officiel, etc)
- Les critères de compétence sont flous, mouvants, souvent contradictoires
- Les épistémologies sont chaotiques, pas dessinées, pas claires. C’est déjà un problème de la psycho de ne pas pouvoir définir son objet épistémologiquement alors imaginez le coaching 😅
- Les formations pullulent, sont souvent très chères (donc excluantes socialement) et franchement pas terribles et pas très solides
- La légitimité repose beaucoup sur la visibilité, le marketing et le personal branding (ce qui déjà, trie qui va pouvoir se construire un sentiment de légitimité, par exemple (non exhaustif) : plus facile pour les plus jeunes)
Autrement dit :
👉 Mélanie exerce dans un champ où la légitimité existe peu – au sens de Reynaldo Perrone, mon maître de la systémique qui nous dit que la légitimité, c’est ce qui est fondé en droit.C’est l’autorité (connaissances + expériences) qui est auto-générée.
Bon, pas de bol, le coaching n’a pas (ou très peur) de fondement en droit 😬
Donc Mélanie n’a rien qui cloche dans sa tête ou son mindset. Elle est, au contraire, parfaitement cohérente et rationnelle.
Ca fait déjà voir les choses d’une autre manière ET ça permet au bénéficiaire de se voir autrement et d’avoir une lecture beaucoup moins culpabilisante !

2️⃣ Tu accompagnes Mélanie ? Ne tombe pas dans le piège …
De faire du même à l’envers ! Voyons le pourquoi du comment
Pour ça, on va devoir mobiliser 2 grands noms de la systémique : Mony Elkaïm et Reynaldo Perrone.
Chez Elkaim, on va aller voir le concept des constructions du monde et de programme officiel (tu peux retenir que c’est grosso modo la demande)
- Construction du monde de Mélanie (CM) : « Je ne suis pas légitime »
- Programme officiel (PO) : « Je veux me sentir légitime »
À première vue, le PO paraît logique. Mais comme nous l’enseigne Elkaïm, il est toujours contraire à la CM.
Pour « se sentir légitime », Mélanie va :
- accumuler des formations supplémentaires
- chercher des preuves externes de compétence
- se comparer aux autres coachs
- ajuster son discours et ses tarifs pour « faire bien »
Morale de l’affaire : elle se confirme sans cesse sa CM de départ. Et toi, tu aggraves la situation si tu travailles son « mindset » à grands coups de « liste les 5 choses qui te font te sentir légitime »
Aïe aïe aïe, on arrête par pitié ce genre d’exercices dans ce genre de situations.
Ca ne sert strictement à rien à part renforcer une CM. On fait plus de la même chose, et on obtient plus de ce qu’on ne veut pas obtenir.
👉 Ce sont des principes de bases de systémique, on verra tout ça en formation niveau 1 et ensuite en niveau 2 pour celleux qui veulent aller + loin
Ensuite, que nous dit le maître Reynaldo Perrone ?
- Que faire ça, c’est -pour rappel- un changement de niveau 1
- C’est-à-dire, des solutions à l’intérieur du cadre existant
- On ne touche pas aux règles ni au cadre qui produisent le problème
Conclusion : ce type de stratégie ne peut pas produire de transformation durable.
Voilà, CQFD, merci, bonsoir 😂
3️⃣ Le sentiment d’illégitimité a une fonction
Rappelle-toi, je le dis tout le temps : en systémique, les comportements ou autres manifestations ont une fonction de régulation.
Si tu veux aider Mélanie (ou t’aider toi si c’est toi Mélanie haha), il faut comprendre quelle fonction ça remplit 💡
On a bien en tête dans quel contexte économico-professionnelle elle doit pratiquer. Alors, ce sentiment d’illégitimité va lui permettre de :
- Rester vigilante dans un champ qui est incertain
- D’éviter de prendre trop de place (en accord avec sa sociabilisation de femme, et potentiellement avec d’autres sociabilisations qui exigent de se faire petit/discret comme le racisme ou le validisme par exemple)
- Se conformer à une norme de modestie (cf point précédent)
- Potentiellement, conserver une situation, une place ou un rôle dans son système familial ou dans son système couple
Bref l’idée est la même 👉 ce sentiment régule sa place dans le système.

Et là, on voit une contradiction commençait à se manifester :
- Elle accompagne des femmes à s’affirmer et à poser leurs limites
- Elle exerce dans un champ professionnel qui fragilise structurellement l’affirmation de soi, en particulier pour les femmes
Je le rappelle : il faut faire apparaître les contradictions sinon, on est condamné à ne voir qu’une partie du problème – ce qui revient à ne pas le voir.
4️⃣ C’est quoi la solution pour Mélanie alors ?
Bon, on a bien compris : la lecture individuelle, c’est sympa mais ça explique vraiment pas tout. Et la logique structurelle, c’est intéressant mais … on va pas changer le monde du coaching demain matin. Alors, on lui propose à Mélanie ?
👉 Ah ça tombe bien ça, c’est une nouvelle contradiction 🙃
C’est bon signe, ça veut dire qu’on avance : on se heurte à une nouvelle contradiction. Il y a 2 pistes d’actions :
- L’action collective : qui va avoir un rapport de forces assez important pour agir sur les structures (écoles de coaching, syndicats, etc)
- L’action individuelle : ce qui est à la portée de Mélanie, là, maintenant
Rappelez-vous pour celleux qui étaient à l’atelier de Janvier 👉 Il faut trouver une finalité plus grande qui englobe ces contradictions et les dépasse.
💡 Alors voilà le cœur du truc : la légitimité, la confiance et la sérénité de Mélanie ne viendront pas de son mindset.
Elles découlent directement de son cadre d’intervention.
👉 Qu’est-ce que ça veut dire, un cadre clair et structuré ?
- Règles explicites et partagées : Ce qui est possible, ce qui est attendu, ce qui est hors champ dans ses accompagnements
- Posture définie : Comment elle se positionne, ce qu’elle peut offrir et ce qu’elle ne peut pas offrir, une posture d’accompagnement capable de créer de l’alliance avec son bénéficiaire et qui permet une fonction contenante de ce dernier
- Frontières sécurisantes : Pour elle et pour les bénéficiaires, pour que chacun sache où il est, ce qui est accepté ou non et que tout le monde soit en sécurité
- Procédures et rituels : Comment gérer les séances, les échanges, les suivis, les inter-séances, etc
- Clarté sur sa valeur et ses pratiques : tarifs, durée, modalités, conditions, structuration de son offre d’accompagnement, etc – ce qui évite de se justifier en permanence et de re-négocier constamment (avec elle et/ou avec la bénéficiaire)
- Bases épistémologiques solides : Savoir de quoi elle parle, poser ses concepts, ses méthodes, sa vision, éviter les incohérences, pouvoir expliquer et défendre son travail face à une collègue, à un bénéficiaire ou dans le champ professionnel au sens large
Et à partir de là – et uniquement à partir de là :
- Mélanie n’a plus besoin de prouver sa légitimité à chaque instant, son autorité repose sur un cadre solide et cohérent
- Les bénéficiaires savent à quoi s’attendre et peuvent s’appuyer sur ce cadre pour cheminer – en sécurité
- Pour le système : les règles implicites deviennent explicites, la place de chacun·e se stabilise, et le sentiment d’illégitimité diminue naturellement, parce qu’il n’est plus produit par un champ flou et anxiogène.
👉 Travailler son cadre, c’est créer les conditions d’un changement de niveau 2, durable et systémique. C’est là que la posture d’accompagnement devient transformatrice, et pas juste « rassurante » à court terme.
💡 Pour Mélanie, ça veut dire : elle peut enfin accompagner ses clientes à prendre leur place tout en étant elle-même sûre de la sienne, parce que tout est posé, clair et sécurisé.
👉 Si cette analyse te parle, la formation Posture d’accompagnant·e peut t’intéresser 🙂 Elle n’est pas là pour te faire « travailler ton mindset ». Elle est là pour t’aider à :
- Poser un cadre d’intervention clair, structuré et sécurisant
- Travailler ta posture pour créer des alliances de travail solides et sécures
- Clarifier tes référentiels et ton épistémologie
- Savoir mener une séance de A à Z avec responsabilité : savoir réagir, relancer, réorienter et faire cheminer tes bénéficiaires vers leur autonomie
Et LA, tu vas arrêter de te demander si tu es légitime, tu vas construire les conditions qui rendent ce sentiment inexistant.
La confiance, la légitimité découlent de ce travail (tu peux aller checker les témoignages des anciennes élèves haha)
👉 Toutes les infos sur la formation Posture d’accompagnant·e sont ici : https://biendanstaboite.fr/programme-posture-d-accompagnant/
📆 Prochaine promo : Démarrage le 19 Mars pour la promo 11
💰 Pas de TVA sur cette promo donc formation dispo à -20%
(et oui, les ancien·nes peuvent la revoir 👀 car tu gardes accès à la formation même après sa fin, oui oui ! Accès donc à toutes les mises à jour sans repayer)
Bon cheminement,
Laura
Photo de couverture : Photo de kylie De Guia sur Unsplash
