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Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.
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Ce que tu comprends mal, tu le répètes. Toujours.

Est-ce que tu as déjà vécu (ou vit) ce phénomène pour le moins détestable : tu bouges, tu bosses, tu ajustes, tu essayes mais … y’a rien qui change vraiment 😬

Genre, tu retravailles ton offre, tu bosses la strat, ta comm’, tu achètes un énième outil d’orga, tu bosses tes croyances, bla-bla-bla et … 🥁

Toujours dans le flou, toujours bloqué·e.

Bref, tu tournes en rond.

En clair : tu es tout le temps dans le mouvement, mais pas dans le changement.

Bienvenue dans ce que Hegel appelle le mauvais infini : le mouvement sans transformation, le changement sans dépassement, la répétition sous de nouvelles formes.

Alors aujourd’hui, on va décortiquer ça pour comprendre pourquoi c’est important de comprendre.

Que quand je vous casse les pieds avec la théorie et compagnie, ce n’est pas pour rien.

C’est parce que tu ne peux pas transformer ce que tu ne comprends pas.

Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌


1️⃣ Quand tu bouges beaucoup, mais que rien ne bouge vraiment

Souvent, on se dit que pour que ça change, il faut faire + : → plus d’efforts → plus d’outils → plus de discipline → plus de contenus → plus de formations

Mais le mouvement n’est pas la transformation.

Comme dirait mon cher Reynaldo Perrone en psycho systémique : c’est faire + de la même chose (chose qui nous a déjà fourré dans ce bourbier)

Mais ce n’est pas l’intensité qui change les choses, c’est la compréhension de la structure.

Tant que tu n’as pas compris pourquoi tu obtiens toujours les mêmes effets, tu vas mécaniquement reproduire les mêmes causes.

galère freelance

2️⃣ Le « mauvais infini » expliqué version indé-friendly

Hegel parlait de l’infini qui s’étire sans jamais se dépasser : toujours plus, mais identique à lui-même.

Exemples :

  • Tu fais plus de posts, mais tu restes flou sur ton message
  • Tu accompagnes plus de client·es mais tu doutes encore de ta posture
  • Tu passes plus d’heures mais ton chiffre d’affaires ne bouge pas
  • Tu as trois nouvelles organisations Notion… mais tu es toujours débordé·e
  • Tu changes ton offre, mais le même type de clients reviennent
  • Tu t’es formé 25961 fois mais tu te sens toujours illégitime

Tu changes la forme mais pas la logique.

Tu bouges dans le même cercle.

Ce sont des changements de niveau 1 en psycho systémique : des changements qui restent dans le même cadre de référence.

Conséquence ? Tu obtiens + ou – de la même chose.


3️⃣ Matérialisme dialectique 101 : si tu veux changer, regarde la structure

Si on regarde ça d’un point de vue matérialiste dialectique, on voit qu’un système ne se transforme pas en accumulant des micro-améliorations.

Il se transforme quand on comprend la contradiction qui l’organise.

Et tant que cette contradiction reste floue, tu vas répéter le même script :

  • tu veux être plus visible, mais tu n’as jamais clarifié ce que tu veux dire
  • tu veux plus de clients mais ton offre est construite sur une logique qui attire les mauvais
  • tu veux être moins dispersé·e mais tu ne comprends pas le système qui génère ta dispersion
  • tu veux être plus serein·e en accompagnement mais tu n’as jamais posé ton socle théorique et tes bases

Quand tu n’as pas compris les causes, tu te bats contre les effets. Et ça… ça ne marche jamais (ou jamais longtemps)


4️⃣ Psychologie systémique : un système répète ce qu’il ne comprend pas

En systémique, c’est simple : tant qu’un système n’a pas conscience de sa logique interne, il ne peut que se répéter.

Donc si tu vis toujours la même chose, c’est qu’il y a un problème structurel.

Perrone nous bien que les changements de niveau 1 sont des changements dans le même cadre de référence, dans le même référentiel qui consistent à :

  • Faire + ou – de la même chose
  • Ajouter une nouvelle conduite au répertoire existant de réponses
  • Accroître la connaissance (sur soi ou sur l’objet)

On retrouve la même idée : il ne s’agit pas d’avoir juste plus de connaissances. Le mouvement n’est pas la transformation.

Comprendre, ce n’est pas juste avoir plus d’infos. C’est changer le niveau de complexité 

(NB : Comme il le dit, les changements de niveau 2 impliquent un changement de cadre de référence qui n’est « pas le résultat d’une attaque au cadre mais le dépassement de ce dernier ». Perrone aurait-il lu Hegel ? 🙃)


5️⃣ La compréhension, ce n’est pas de la br*nlette intellectuelle : c’est transformateur

Comprendre, ce n’est pas avoir des idées. Ce n’est pas « réfléchir beaucoup ». Ce n’est pas lire des livres.

Comprendre, au sens dialectique, c’est : identifier la structure qui produit tes résultats et la transformer.

Ce qui transforme, ce n’est pas d’agir plus. C’est de saisir la logique d’un phénomène pour pouvoir le dépasser.

Dans ton activité :

  • Quand tu comprends le modèle économique → tu réfléchis autrement tes offres et tes tarifs
  • Quand tu comprends ta posture → tu arrêtes d’empiler des outils au hasard
  • Quand tu comprends ton système interne → tu arrêtes de répéter des schémas
  • Quand tu comprends ton mari/ta femme → tu crées le couple (qui est un dépassement des individus)

(Notez que comprendre en dialectique est utilisé dans les 2 sens du mot : comprendre rationnellement et comprendre « mathématiquement » (comme quelque chose de compris dans l’ensemble)

La compréhension n’est pas de la br*nlette intellectuelle. Elle est libératrice.

Elle te redonne la main. Elle transforme ta manière d’agir. Elle te fait passer du “mauvais infini” (répétition) au “vrai infini” (transformation).


Et si tu veux arrêter de tourner en rond, tu as bien compris … il faut comprendre 😂 Avec l’ITTI, on vous a préparé 3 jours de conférences 100% gratuites (genre vraiment, y’a rien à vendre à la fin) pour que tu comprennes ton travail indépendant.

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👉 Le rendez-vous des Indé·s engagé·es

🔗 https://itti-institut.fr/rdv-indes-engagees/

Tant que tu ne comprends pas, tu n’as pas le choix

Bon cheminement,

Laura

Photo de couverture de l’article : Photo de Alice Hampson sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.
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Pourquoi on croit les gens charismatiques (même quand ils disent n’importe quoi)

Tu l’as sûrement déjà vécu : Quelqu’un parle avec assurance, la voix posée, les gestes précis, le regard confiant. Et toi, tu te dis :

“Ah ouais, pas con ce qu’iel dit”

Et en même temps, y’a un p’tit fond de doute, d’un truc pas clair. Si tu y réfléchis bien ou que tu en discutes avec quelqu’un (surtout quelqu’un qui te questionne, qui te challenge un peu), là tu réalises que …

“Mais … attends, c’était un peu creux, non ?”

Bienvenue dans l’effet de halo ou comment on accorde du crédit à quelqu’un juste parce qu’iel a l’air crédible.

Et bienvenue, comme toujours, dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌


1️⃣ Le cerveau aime les raccourcis (et le capitalisme aussi)

L’effet de halo, c’est un biais cognitif classique : si quelqu’un te semble confiant, beau, articulé ou “aligné”, ton cerveau en déduit que tout ce qu’il dit doit l’être aussi. 👉 Forme = fond

« L’effet de halo se produit lorsqu’une première impression basée sur un seul trait d’un objet évalué est généralisée à d’autres aspects, parfois non reliés, de cet objet. Ce biais cognitif se manifeste lorsque les individus jugent rapidement une personne en se basant sur les impressions favorables ou défavorables d’une de ses caractéristiques. L’effet de halo n’est pas limité aux individus et peut également se produire lorsque nous jugeons certaines choses telles que des entreprises ou des lieux. Le sentiment suscité par la première impression est transféré aux autres facettes de l’objet qui n’ont pas été réellement explorées par l’individu. Même si cet effet est plus fréquemment associé à un biais positif, il est également possible qu’un biais négatif en résulte, selon la nature de l’impression initiale. – https://www.shortcogs.com/biais/effet-de-halo

Mais regardons ce biais cognitif de manière vraiment systémique : ce n’est pas juste ton cerveau qui te joue des tours.

L’effet de Halo, il ne tombe pas du ciel, il est dans un système (pas qu’un!) économique qui va placer au centre la notion de valeur.

👉 Dans une société où tout se vend (y compris les idées, les émotions et les postures), le charisme devient une marchandise.

📌 Ce n’est pas que la personne est plus intelligente : c’est qu’elle maîtrise les codes de visibilité et d’autorité légitimes dans ce système.

💬 Exemples concrets :

  • “Tu n’as pas un problème de stratégie, tu as un problème d’énergie” → Rien n’est démontré, mais ça permet de vendre une solution « miracle », séduisante, qu’on ne peut pas réfuter de toutes façons (qui n’a pas de problèmes d’énergie ?)
  • Ou la business mentor “authentique” qui t’explique que “si tu vibres haut, l’abondance arrive naturellement” : la posture est douce, le fond est super flou mais l’esthétique claque et le lexique, c’est du « capitalisme spirituel ».

Résultat : notre cerveau, socialisé à reconnaître ces signes comme “crédibles” et « légitimes », décroche son esprit critique sans s’en rendre compte.

Masterclass esprit critique

2️⃣ Le charisme n’est pas une essence : c’est un effet de pouvoir

On croit souvent que le charisme est “naturel” ou “inné”. Ca peut se travailler mais bon, quand même, « ces gens là ont un truc ».

Heureusement, depuis nous avons la sociologie pour trancher ces espèces d’idées reçues et de fables, et nous avons Pierre Bourdieu notamment qui a passé sa carrière à nous montrer que, non, ce n’est pas un don ; c’est un capital.

Un capital social, un capital culturel ; qui désignent qui a le droit d’être cru, entendu ou respecté.

💡 Quelques exemples :

  • Les discours “masculins rationnels” sont perçus comme plus solides
  • Les discours “féminins émotionnels” sont souvent disqualifiés comme “manque de rigueur”
  • Plusieurs études mettent clairement en exergue que les gens accordent moins de crédit aux propos tenus par des femmes et qu’on sur-estime le temps de parole des femmes (en clair, elles parlent peu, et les gens ont la sensation qu’elles ont parlé looooongtemps)
  • Les femmes « de pouvoir » ont tendance à baisser leur fréquence de voix et à adopter des voix plus grave, « plus masculines », sans s’en rendre compte car c’est aux voix « masculines » qu’on accorde confiance, crédibilité et légitimité.
  • Les personnes issues des classes dites populaires ont moins accès aux codes langagiers qui donnent l’air “expert”
  • Les accents « de province » sont disqualifiants professionnellement 

Autrement dit : ce n’est pas que tu trouves “objectivement charismatique” ce business mentor en chemise blanche, c’est que le système t’a appris à reconnaître dans sa posture les signes de la réussite légitime.

C’est une question d’habitus, pas de magnétisme.

👉 Définition par Bourdieu de l’habitus :

« [E]n tant qu’il est le produit de l’incorporation d’un nomos, du principe de vision et de division constitutif d’un ordre social ou d’un champ, l’habitus engendre des pratiques immédiatement ajustées à cet ordre, donc perçues et appréciées, par celui qui les accomplit, et aussi par les autres,comme justesdroitesadroitesadéquates, sans être aucunement le produit de l’obéissance à un ordre au sens d’impératif, à une norme, ou aux règles du droit » (Bourdieu, 2003, pp. 207-208).

👉 Traduction en français 😅 :

Les dispositions sont des manières de faire, de penser ou de sentir, qui forment « une matrice de perceptions, d’appréciations et d’actions » (Bourdieu, 1972, p. 178, nous soulignons). Ces dispositions sont acquises lors des processus de socialisation, et en particulier de la socialisation primaire, dans l’enfance, sous l’influence de la famille et de l’école. Enfin, l’habitus, comme patrimoine de disposition, est générateur de pratiques : il est au principe de l’action sociale. C’est cette définition qui prévaut dans les usages les plus courants du terme. L’habitus, qui est alors un concept idéal-typique, sert à décrire un ensemble de dispositions courantes dans un groupe social : on parlera d’habitus ouvrier ou bourgeois, masculin ou féminin, etc.

– https://ressources-socius.info/index.php/lexique/21-lexique/36-habitus


3️⃣ Pourquoi c’est un problème pour les indépendant·es et les praticien·nes

Quand tu exerces dans le soin, la thérapie, le coaching ou l’accompagnement, tu évolues dans un espace saturé de discours performatifs : “Si tu vibres haut, tu attires des clients” “Si tu doutes, tu bloques ton abondance” “Si tu ne gagnes pas 10k/mois, c’est que tu n’as pas travaillé ton mindset” Blablablabla

Ce ne sont pas des vérités. Ces discours s’appuient sur ton insécurité et/ou tes difficultés pour te vendre des « solutions »

Et ils fonctionnent parce que ton « esprit critique » est anesthésié par la forme charismatique de celui ou celle qui parle : la posture, la réussite affichée, le décor, la promesse.

👉 Je rappelle que :

1️⃣ La confusion est un outil de pouvoir

2️⃣ Ce qui est compréhensible s’énonce clairement


4️⃣ Ce que tu peux faire, concrètement

  • 1️⃣ Quand quelqu’un parle, écoute le fond, pas le tonSi tu « retires le charisme », reste-t-il quelque chose d’argumenté ? Beaucoup de coachs ou autre te sortent juste du « fake deep » : ça a l’air profond ce qu’iels disent mais si tu prends 2 secondes de recul, ça veut dire quoi, concrètement ?

« Sois authentique pour connecter à ton audience » → ?????? Non mais c’est bien hein, c’est pas méchant comme propos. Mais ça ne veut rien dire du tout 😅

« L’essentiel dans ton activité, c’est que tu sois aligné à tes valeurs » → Euh … oui certes mais so what ?

📌 Là, vous avez ce qu’on appelle un sophisme du postulat indémontrable : Faire une déclaration qui ne peut être démontrée fausse, car il n’y a aucun moyen de vérifier.

Allez, un dernier plus détaillé :

« Je vais te partager la plus grande leçon qui a tout changé pour moi et mon business … après tout ce que j’ai vécu (qu’a-t-iel vécu ?), j’ai compris une chose essentielle (sophisme d’affirmation du conséquent*): le plus important pour réussir (que veut dire réussir ?) c’est d’être en phase avec soi-même (qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?) et d’être focus sur ce qui est vraiment important (ah oui, merci parce que moi je pensais qu’il fallait être focus sur ce qui n’est pas important). Moi, depuis que j’ai fait ce re-focus, j’ai doublé mon chiffre d’affaires (sophisme Post Hoc ErgoPropter Hoc**) Ne croire qu’il n’y a qu’une explication à l’observation que nous faisons ** Croire, parce qu’un événement en a suivi un autre, que le premier a aussi été la cause du second

  • 2️⃣ Demande-toi : “Qui a intérêt à ce que je croie ça ?”
  • 3️⃣ Observe comment le charisme est « distribué » dans celleux que tu suis.

Attention : Quand on s’intéresse à ces sujets de distorsions discursives ou d’esprit critique, il faut garder deux choses en tête :

📌 Quand on dit qu’il y a un sophisme a un endroit, ça ne signifie pas forcément que le propos de fond est faux. Ca signifie qu’il y a une manipulation (pas toujours volontaire d’ailleurs) du discours

📌 Le sujet n’est pas de plus croire aucun·e des créateurices de contenus « charismatique » que tu suis. C’est juste de pouvoir rallumer une petite veilleuse dans son cerveau quand on les écoute pour ne pas adhérer par principe, juste par effet de Halo (ou autre).


🧠 Ca, c’est le genre de choses qu’on apprend à faire dans le module de Psychologie Sociale de la Boîte à Outils d’Esprit Critique :

Comprendre pourquoi on adhère à des récits séduisants, culpabilisants ou abscons

Et les manipulations de discours, c’est carrément le premier jour comme ça, au moins, c’est fait 😂

👉 Découvrir le programme complet ici

Travailler son « esprit critique », ce n’est pas devenir méfiant·e de tout ! C’est juste savoir quand on te fait payer pour du vent 😏

Bon cheminement,

Laura

Photo de couverture de l’article : Photo de Miguel Henriques sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.
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Confiance en soi : Le faux problème

Tu l’as sûrement déjà entendu mille fois : “Tout est une question de confiance en soi” “Travaille ta confiance, et tout ira mieux”. Ça sonne bien, non ? Comme un slogan de coach Instagram avec des photos de montagne au lever du soleil.

Mais soyons honnêtes : c’est une illusion.

Parce que ce n’est pas en te répétant des affirmations ou en collectionnant les “trucs pour avoir confiance” que tu vas réellement tenir ta posture face à un·e bénéficiaire 😅

Alors je te propose aujourd’hui qu’on se pose la question ensemble : est-ce que cette histoire de confiance, ça serait pas un peu l’arbre qui cache la foret ? 👀

Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌


1️⃣ La confiance n’est pas un muscle à développer

Beaucoup de praticien·nes pensent que leur manque de solidité en séance vient d’un “manque de confiance”

Alors iels cherchent LA bonne méthode, LA bonne question, le truc magique qui fera que tout ira mieux.

👉 Problème : la confiance n’est pas une compétence isolée. Elle est une conséquence d’un socle clair.

Psychologie sociale : Bandura (1997) parle de la self-efficacy = la perception qu’on a de sa capacité à agir efficacement dans un contexte donné. Si tu ne sais pas où tu mets les pieds, aucun mantra matinal ne va te sauver.

Si tu entres en séance sans savoir :

  • d’où tu parles
  • ce que tu proposes
  • et pourquoi tu le fais

→ ta confiance vacille. Tu doutes, tu cherches à plaire, tu jongles avec des outils au hasard… Bref, bienvenue dans le syndrome du “coach tout-terrain” 😅

affirmation de soi

2️⃣ Ce qui donne (vraiment) confiance

La vraie confiance naît de la clarté de ta posture.

Quand tu sais exactement :

  • D’où tu parles
  • Ce que tu proposes
  • Et pourquoi tu le proposes

…alors tu n’as plus besoin de “booster” artificiellement ta confiance. Elle est déjà là, parce que ton socle est solide et réfléchi.

Exemples concrets :

  • Tu sais pourquoi tu choisis telle technique ou référentiel plutôt qu’une autre (CNV vs PNL, existentialisme vs humanisme)
  • Tu peux dire non à certaines demandes sans culpabiliser parce que ton cadre est clair
  • Ou tu ne te sens plus obligé·e de briller ou d’épater le/la bénéficiaire pour “paraître légitime”

💡 Comme le résument les recherches sur la pratique réflexive (Schön, 1983), la confiance vient moins de la technique que de la capacité à réfléchir sur ce que tu fais, pourquoi, et comment tu le fais dans le contexte réel.

C’est comme une carte précise : tant que tu avances sans repères, tu stresses.

Mais si tu sais où tu vas → tu marches sereinement, même face à un silence gênant ou un bénéficiaire qui décharge toutes ses émotions d’un coup.

💡 En résumé : pas de socle épistémologique → pas de confiance stable

PS : J’ai déjà parlé d’épistémologie et de l’importance dans l’accompagnement dans « Pourquoi tu veux te former à tout ? » et dans « Et si ton syndrome de l’imposteur n’en était pas un ? » et dans « ce qui s’énonce clairement se pense mieux » si tu veux creuser le sujet.

te former à tout

3️⃣ La confiance n’est pas “en toi” : elle est systémique !(ça faisait longtemps 😂)

On nous vend souvent la confiance comme une qualité personnelle, un truc que tu aurais ou pas, que tu peux développer mais qui est toujours uniquement individuelle. Mais si on adopte une lecture matérialiste dialectique, on comprend que ta confiance n’est jamais hors-sol (comme le reste d’ailleurs)

👉 Elle dépend de tes conditions de pratique :

  • Le cadre théorique que tu assumes (ou pas)
  • Les repères sociaux qui définissent ta légitimité (titres, diplômes, certifications)
  • Les attentes du système dans lequel tu interviens (ex : psy, coach, praticien·ne “alternatif·ve”)

Sans ce cadre, tu es condamné·e à douter en permanence, non pas parce que “tu manques de confiance”, mais parce que le système t’impose de bricoler sans boussole.

💡 En clair : ta confiance n’est pas qu’un état psychologique à cultiver, c’est aussi un effet de système.

Elle naît quand ta posture, tes repères et ton contexte sont cohérents. Elle vacille quand tu navigues dans le flou, sans cadre clair, en essayant de “tenir” à la force du poignet (ou à coups de mantras).

4️⃣ La prochaine fois que tu te sens “pas assez confiant·e” en séance, pose-toi ces questions :

  • Est-ce un vrai problème de confiance ou est-ce que tu manques simplement de repères internes clairs ?
  • Quels sont mes repères ? (Ma vision de l’humain, ma posture, mes intentions, mon cadre)
  • Est-ce que je suis ancré·e dans mon système ou en train de flotter dans celui du bénéficiaire ?

Si tu as du mal à répondre, c’est exactement là que l’immersion “Reprendre la main sur ta posture”va t’aider : trois jours pour clarifier ton socle, renforcer ta posture et retrouver une confiance incarnée ; pas plaquée, pas Instagram-style, mais solide et ancrée.

Photo de couverture de l’article : Photo de Vitaly Gariev sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.
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Ce qui s’énonce clairement se pense mieux

Tu scrolles sur Insta, t’écoutes un épisode de podcast, tu lis une page de vente de formation. Et là, tu te dis :

« Mais… de quoi iels parlent exactement ? »

Tu vois ce que je veux dire ? Tu sais les discours séduisants où on te dit que pour faire grandir ta boite, il faut être authentique. Il faut être singulier pour attirer les bons clients, etc.

Ca fait envie hein ? Mais si on prend deux secondes pour s’arrêter … ça veut pas dire grand chose franchement.

Alors ok, c’est flou. Mais ici, on pense matérialiste alors la question qu’on va se poser c’est : pourquoi ? Quel intérêt à faire ça ?

Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌


1️⃣ Ce qui est compréhensible s’énonce clairement

Tu connais cette phrase : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »

Elle ne parle pas de vulgarisation. Elle parle de clarté conceptuelle.

Et soyons clair·es : le marché de l’accompagnement – et du coaching en particulier – regorge de discours fumeux.

Non pas parce que ces gens sont “méchants” ou “manipulateurs” mais parce qu’il est très rentable de ne jamais définir les mots qu’on utilise.

👉 Quand on te parle d’“alignement”, de “puissance personnelle”, d’“incarner ton essence” ou encore de “liberté” sans jamais situer ces concepts dans un cadre concret (social, politique, économique, psychique), ce n’est pas un oubli. C’est une stratégie.

Parce que là où il n’y a pas de cadre, il n’y a pas de contradiction possible.

Pas de point d’accroche. Pas de possibilité d’argumenter. Pas de critique.

Juste une ambiance. Un ressenti. Une esthétique du flou.

Et ça, c’est pas neutre.

te former à tout

2️⃣ La confusion est un outil de pouvoir

Un discours flou, c’est un discours qui peut dire tout et son contraire. Et surtout, qui évite de rendre des comptes.

👉 Quand quelqu’un te dit que “la liberté, c’est te reconnecter à ton essence intérieure”, tu peux pas débattre. Tu peux pas même poser de questions précises. Parce qu’il n’y a rien à quoi se raccrocher.

🧠 En psychologie systémique comme en matérialisme dialectique, on considère que rien n’est hors-sol.

Aucun mot, aucune valeur, aucune pratique n’existe indépendamment de ses conditions de production.

Donc : si quelqu’un parle de “liberté”, on est en droit de demander :

Liberté de quoi ? Par rapport à quoi ? Dans quel système ? Pour qui ?

Et quand la réponse, c’est “ce que tu ressens au fond de toi”… vigilance !

3️⃣ Si c’est flou, c’est souvent parce qu’il n’y a pas de cadre de pensée

Le problème, c’est pas juste qu’iels utilisent des mots creux. C’est qu’iels ne pensent pas ce qu’ils disent.

Iels répètent des formules apprises dans des formations elles-mêmes floues, qui s’appuient sur aucune base épistémologique solide.

Autrement dit :

  • Ils ne savent pas comment ils définissent un être humain
  • Ni ce que ça veut dire « accompagner quelqu’un »
  • Ni ce qu’ils visent quand ils parlent de transformation

Alors ils parlent « d’alignement », de « soi authentique », de « rayonner sa lumière »… Mais tu cherches la définition ? Y’en a pas

Tu grattes un peu ? Tout s’écroule.

NB : C’est l’avantage de parler dans un discours hégémonique, tu n’as pas besoin de définir quoi que ce soit.

accompagner avec une vision systémique

4️⃣ Penser clairement, c’est poser un cadre situé, ancré, assumé

Ce qui est clair s’énonce simplement. Et ce qui ne s’énonce pas, c’est souvent parce que ça ne tient pas debout.

Tu veux qu’on te parle de « liberté » ? Ok

  • Mais : liberté de quoi ? de qui ? dans quel contexte social ?

Tu veux parler de « valeurs » ? Ok.

  • Mais situées où ? Produites comment ? Portées par quelle vision du monde ?

💡 Ca demande un peu de rigueur, j’en conviens. Mais cette rigueur, elle ne tombe pas du ciel. Elle repose sur un cadre de pensée clair et cohérent, une vision assumée de l’accompagnement, de la personne, du changement.

C’est ça, l’épistémologie. Et sans elle, tu t’en remets à des slogans.

PS : J’ai déjà parlé d’épistémologie et de l’importance dans l’accompagnement dans « Pourquoi tu veux te former à tout ? » et dans « Et si ton syndrome de l’imposteur n’en était pas un ? » si tu veux creuser le sujet.

5️⃣ Mise en pratique avec un exo : Derrière ce mot, quel monde ?

(inspiré de la psychologie systémique + du matérialisme dialectique)

👉 Choisis un mot que tu utilises souvent dans ta pratique ou ta communication. Un mot “positif”, inspirant, souvent utilisé mais rarement défini clairement.

Par exemple : authenticité, alignement, pouvoir personnel, guérison, abondance, liberté, etc.

Puis, réponds à ces 4 questions :

  1. Qu’est-ce que je veux dire précisément quand j’utilise ce mot ? → Quelle est ma définition concrète, explicite, située ?
  2. À quelle vision de la personne, du changement et de la relation ce mot renvoie-t-il ? → Ici, on pense comme un·e systémicien·ne :
    1. Quelle est la représentation de “l’individu” derrière ce mot ?
    2. Quelle est l’idée de ce que c’est, changer ?
    3. Quelle place prend le·la praticien·ne dans la relation ?
    4. Qu’est-ce que ça invite à faire / éviter / taire ?
  3. Quelles sont les conditions sociales qui rendent ce mot possible ? → Est-ce que tout le monde peut se permettre d’être “aligné” ? Est-ce que “guérir” ou “être libre” veut dire la même chose selon les réalités sociales, matérielles, économiques ?
  4. Quels effets ce mot produit-il dans le système ? → Dans ta posture d’accompagnant·e, ce mot :
    1. Est-il soutenant ? exigeant ? culpabilisant ?
    2. A-t-il tendance à recentrer la responsabilité sur l’individu ou à ouvrir à une lecture plus large ?
    3. Que produit-il dans la relation d’accompagnement, dans les attentes du·de la bénéficiaire, dans ton marketing ?

💡 L’idée, c’est pas de juger ton mot. C’est de le penser. De le situer. De voir ce qu’il t’apporte et ce qu’il invisibilise peut-être.

✉️ Si tu veux aller plus loin : réponds-moi par mail avec ton mot et tes réponses aux 4 questions. Je te lirai avec plaisir 🙏


Pour aller plus loin que les mots creux

Tu viens de le voir avec cet exercice : Ce qui a l’air flou peut (et doit) être pensé, situé, interrogé. Ce flou n’est pas une fatalité, c’est un manque pour penser clairement ce qu’on fait, ce qu’on transmet, et ce qu’on produit dans les relations.

Et ça, ça s’apprend.

🎓 C’est exactement ce qu’on fait dans la formation Apprendre à être Accompagnant·e :

👉 Ancrer ta posture dans une épistémologie claire

👉 Développer une lecture critique de ta pratique

👉 Consolider ton cadre pour gagner en solidité, en cohérence, en puissance

Prochaine session en octobre. Les places sont limitées.

Si tu veux en discuter, tu peux réserver ton appel ici :

🔗 https://biendanstaboite.fr/programme-posture-d-accompagnant/

Et en attendant, si tu veux partager ton exercice ou poser des questions → ma boîte mail t’est ouverte 📨

Bon cheminement,

Laura

Photo de couverture : Photo de Sincerely Media sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.
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Tribune : Indépendant·es, pourquoi nous ferons grève le 10 septembre

Nous sommes plus de 4,4 millions d’indépendant·es en France. Des artisans, des commerçants, des professions libérales, des freelances de la tech, de la culture, du soin, etc. Nous travaillons sans relâche, souvent sans filet de sécurité et sans jours fériés et nous faisons vivre, nous aussi, nos territoires et l’économie de notre pays. Le 10 septembre, nous cesserons le travail. Parce que le budget d’austérité que souhaite imposer le gouvernement menace directement nos vies et nos métiers 

Face à cet énième coup porté aux justices sociale, environnementale et fiscale ; les appels à la mobilisation le 10 septembre prochain se multiplient. La contestation populaire se présage, s’anime et se dresse face aux attaques frontales et répétées aux conditions d’existence des Français•es. 

Mais comme souvent, manquent à l’appel beaucoup de travailleur•ses indépendant•es. Pourtant, il est un leurre de penser que nous sommes à l’abri de ces mesures, voire bénéficiaires de cette politique. En subventionnant les grandes entreprises, en augmentant le temps de travail, en diminuant les normes sanitaires et de sécurité (ex : pesticides), nous ne gagnons pas davantage de débouchés. Nous perdons sans cesse des marchés au profit de ces grands groupes.

La logique est simple : moins de financement public, c’est moins d’hôpitaux, moins d’écoles, moins de transports collectifs, moins d’aides au logement, moins d’aide à la parentalité, moins de chômage ; qui a pourtant permis à tant d’indépendant•es de lancer leurs activités. Ce sont des coûts supplémentaires que nous devons payer directement. Moins de protection sociale, c’est plus d’assurances privées, plus de factures médicales, plus de précarité alors que les contrats se font rares. Moins de services publics, c’est moins de crèches et toujours plus de précarisation, notamment des travailleuses.

En résumé, pour nous, indépendant·es, ces coupes auront trois effets directs :

  • Moins de clients : quand le pouvoir d’achat baisse et que les commandes publiques se raréfient, notre chiffre d’affaires chute.
  • Plus de charges : si les services publics reculent, c’est à nous de payer plus pour la santé, les déplacements, la formation, la garde des enfants.
  • Davantage de précarité : Réduire encore les protections sociales, c’est laisser tomber celles et ceux qui traversent un creux d’activité ou sont dans des situations de burn-out, par exemple. 

Le pouvoir espère nous diviser : salarié·es contre indépendant·es, secteur privé contre secteur public. Mais en réalité, nous sommes confronté·es à la même logique d’exploitation : dans le salariat, par l’augmentation du temps de travail et la casse des droits ; dans l’indépendance, par la mise en concurrence féroce au service des grands groupes et la précarisation constante.

Nous n’avons aucun intérêt à rester spectateurs. Le travail des indépendant·es est tout aussi disqualifié que celui des salarié·es. Moins de revenus, c’est moins de dépenses dans nos activités. Ce cercle vicieux a trop duré. Nous avons tout intérêt à unir nos forces. En rejoignant la mobilisation, nous affirmons que notre travail, nos activités sont au service de nos besoins et de ceux de la collectivité.

Parmi vous, certains ont pu faire le choix du travail indépendant et beaucoup l’ont fait pour la liberté. Mais aucun d’entre nous n’est libre tant que nous ne le sommes pas tous·tes. Le 10 septembre, fermons nos ordinateurs, nos ateliers, nos cabinets, nos chantiers. Retrouvons-nous dans la rue aux côtés de toutes celles et ceux qui refusent l’austérité et la destruction des biens communs. En haut, ils ne peuvent plus. En bas, on ne veut plus. Travailleur·ses indépendant·es, notre force est dans notre unité. Rejoignons la mobilisation.

Tribune rédigée par Laura Besson & Thomas Burbidge ; travailleur·se indépendant·e

image d’illustration : Photo de Nadine E sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.
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Et si ton « syndrome de l’imposteur » n’en était pas un ?

👉 Tu doutes de ta légitimité ? C’est peut-être pas une question de confiance

Tu viens de finir une séance avec une cliente. Sur le moment, ça s’est bien passé. Mais après… t’as un vide bizarre. Une gêne. T’as l’impression que t’as bricolé. Que c’était pas “pro”. Pas très clair. Pas très solide.

Et ça te travaille.

Tu remets en question ton positionnement, ton “angle”, ton utilité. Tu te demandes si t’as bien le droit d’accompagner. Et tu te dis : “J’ai encore besoin de me former. J’ai pas assez d’outils. Je suis pas légitime comparé·e aux autres »

Mais si c’était pas un manque de compétence ? Ni même de confiance ? Ni un « syndrome de l’imposteur » ? Et si c’était… un manque de clarté théorique ?

Bienvenue dans ta séance de déconditionnement hebdo 😌


1️⃣ L’illégitimité n’est pas (que) un problème personnel de confiance. C’est un signal épistémique.

☝️ Ce qu’on appelle souvent “syndrome de l’imposteur” chez les accompagnant·es est parfois autre chose. Pas (que) un manque de confiance en soi ou un bug perso mais une tension logique.

👉 Tu as peut-être appris à utiliser des outils issus de cadres théoriques très différents, voire opposés (Gestalt, PNL, CNV, coaching orienté solution, énergétique…). Tu as peut-être empilé des méthodes sans jamais les situer dans une vision du monde. Et tu continues d’accompagner… mais tu sais toujours pas d’où tu parles 😬

Ce flou n’est pas anodin. Il produit de la dissonance. Et ton bénéficiaire, lui aussi, il capte qu’il y a un truc pas clair. Pas fluide.

💡 Quand il n’y a pas de cohérence épistémologique, il y a perte de repères internes. Et sans repères, impossible de poser une autorité tranquille dans sa posture

Donc : tu ne doutes pas parce que tu es “fragile” ou “pas prête” Tu doutes peut-être parce que ton cadre d’analyse est bancal.

Bref, tu sais pas où t’habites quoi 😂

2️⃣ Prenons des exemples concrets

Que tu en aies conscience ou non, ta manière d’accompagner est déjà située :

Elle repose sur une définition de ce qu’est l’humain, de ce qu’est un problème, de ce qu’est le changement.

Voici quelques oppositions classiques qu’on retrouve dans les théories de l’accompagnement :

Tu vois ? Ce ne sont pas de petits détails.

🌱 Ces visions produisent des postures différentes
🧠 Et si elles cohabitent sans clarification, elles te feront douter.

politiser ses accompagnements

3️⃣ Exemple : Essentialisme vs Constructivisme – deux visions de l’humain… deux postures radicalement différentes

Il y a des oppositions philosophiques qu’on retrouve partout dans les approches d’accompagnement — souvent sans que personne ne les nomme.

Prenons un cas très courant :

➡️ Tu travailles sur “le féminin sacré” ? La confiance en soi “authentique” ? Le retour à “l’essence” de la personne ?

Alors tu touches, sans le savoir, à une distinction cruciale : essentialisme vs constructivisme.

Voici ce que ça peut produire comme différence de posture :

💡 Si tu fais cohabiter ces deux visions sans les distinguer, tu crées un flou théorique.

Et ce flou produit du doute — pas parce que tu es “nulle”, mais parce que les fondations ne tiennent pas ensemble.

Et là encore, bonjour pour ton bénéficiaire de s’y retrouver ! Déjà que toi tu navigues à vue 😅

4️⃣ Avoir une épistémologie claire, concrètement, ça change quoi ?

Voici un tableau pour te montrer l’impact direct sur ta pratique (et ton positionnement parce que tout ça joue aussi sur ton marketing) 👇

Et ça ne concerne pas que “les grands débats d’idées”

👉 Ça touche tes séances, ton message, ta communication, ta confiance, ton marketing.

ré-orienter

5️⃣ Tu n’as pas besoin d’un nouvel outil. Tu as besoin d’un cadre pour penser.

👉 Tu as peut-être l’impression que tu manques encore d’une brique, d’un outil, d’un module, d’un argumentaire.

Mais si tu tournes en rond, c’est peut-être parce que tu n’as pas de carte

🧭 La formation Apprendre à être Accompagnant·e, c’est pas une méthode clé-en-main.

C’est un espace d’analyse, de mise en perspective, de rigueur intellectuelle et de clarification.

Tu y apprends à :

  • Identifier les grandes familles d’approches (et les tensions entre elles)
  • Situer ta propre vision de l’humain, du changement, du savoir
  • Assumer des désaccords profonds avec des pratiques voisines
  • Consolider ton cadre pour que ta pratique soit stable, ancrée et différenciante

🧠 Tu ne ressors pas avec une nouvelle “technique” Tu ressors avec une pensée articulée, une posture cohérente, une boussole.

Et ça, c’est ce qui manque à 95 % des praticien·nes du marché.

🔗 Les infos sont ici → ​https://biendanstaboite.fr/programme-posture-d-accompagnant/​ (Prochaine promo en Octobre — les places sont très limitées, comme toujours, alors on traîne pas pour réserver son appel)

Bon cheminement,

Laura

programme posture d'accompagnement

Photo de couverture de l’article : Photo de Cookie the Pom sur Unsplash

Laura Besson

Laura Besson est la fondatrice de Bien dans ta Boite où elle accompagne les entrepreneurs à transformer leur quotidien et forme les entrepreneurs de l’accompagnement. Egalement hôte du podcast « Bien dans ta Boite », elle a accompagné plus de 300 entrepreneurs en coaching & thérapie afin qu’ils se transforment, co-construisent avec les Autres et changent le Monde. Convaincue de l’approche systémique et humaniste, Laura met un point d’honneur à accompagner chaque entrepreneur dans sa singularité et sa globalité.